Devoir de Mémoire: Séverine Darcque est petite fille de Justes, délégation 2014

05/06/2015

Pour poursuivre le devoir de mémoire, Séverine Darcque, une enseignante, arrière petite fille de Juste parmi les Nations, et petite fille de rescapée a demandé à Pierre Osowiechi, un des derniers témoins de la Seconde Guerre Mondiale et de la Shoah de venir témoigner devant les élèves de CM2.

 

Témoignage et Devoir de Mémoire à l'auditorium d'Egly auprès des élèves de CM2

En liaison avec le CFYV et la Fondation France Israël

 

Pour poursuivre le devoir de mémoire, une enseignante, arrière petite fille de Juste parmi les Nations (*), et petite fille de rescapée a demandé à Pierre Osowiechi, un des derniers témoins de la Seconde Guerre Mondiale et de la Shoah de venir témoigner devant les élèves de CM2. 

 

Le jeudi 21 mai 2015, à Egly (Essonne), Pierre Osowiechi, vice président du Comité Français pour Yad Vashem a été accueilli dans l'auditorium communal par la Maire-Adjointe Christine Roch, chargée des affaires scolaires.

Les enseignantes des trois classes de CM2 ont choisi d'organiser ce moment car, pour les élèves, entendre le témoignage d’un représentant de la dernière génération ayant vécu cette tragique et effroyable époque, c'est une chance formidable pour mieux comprendre l'enseignement de la Seconde Guerre Mondiale et de la Shoah, présents dans les programmes d'Histoire.

Après avoir fait une présentation de ses origines, Pierre Osowiechi a abordé la guerre en parlant d'Hitler, des persécutions et du statut des juifs, des rafles, de la résistance, de la collaboration et des Justes parmi les Nations. Il a conclu son exposé par le récit de son sauvetage où sa famille et lui ont pu être cachés et sauvés dans le village de Crocq dans la Creuse.

Enfin, un échange avec les enfants et les adultes a permis de répondre à leurs questions préparées ou spontanées.

 

Après cette rencontre riche en émotions et en Histoire, quelques élèves ont déclaré :

« J'ai bien compris que la Seconde Guerre Mondiale avait été très cruelle. » (Lucas).

« Dès que son grand-père a su que les allemands arrêtaient les juifs, il a pris son taxi, il a mis la grand-mère, la mère de Pierre et Pierre dans le taxi et ils sont partis. Ils ont roulé longtemps. Et quand le taxi n’a plus eu d’essence, ils se sont arrêtés, dans la cour d'une ferme à Crocq. » (Adam)

« Nous avons été choqués d'apprendre que pour survivre, Pierre et sa mère avaient dû être cachés dans un cimetière et dans une cave pendant plusieurs jours et plusieurs nuits ». (Firat et Geeza)

« J'ai été émue lorsque Pierre a raconté qu'une dame était venue le chercher dans l'école pour le cacher rapidement et qu'elle lui a du coup sauvé la vie ». (Asli) Quand ils ont quitté l'école, « ils ont croisé des soldats allemands. La dame lui a dit de sourire aux allemands et Pierre a souri et les soldats lui ont souri. » (Soussaba) « Grâce à elle, ils n’ont pas été pris par les allemands, il n’est pas allé dans un camp de concentration. » (Majandra)

« Quand la guerre était terminée, leur appartement parisien s’était transformé en poulailler . La boucherie du père de Pierre était en pagaille. Il a perdu toute sa famille du côté paternel car ils ont été déportés dans des camps allemands. » (David)

« Pierre nous a rappelé que tout le monde était pareil que l'on soit chrétien, juifs, musulmans, … ou que notre couleur de peau soit différente. » (Lucile)

« Il nous a expliqué qu'il fallait que l'on pose des questions aux gens qui avaient vécu des moments importants ou marquants dans leurs vies comme la guerre, pour conserver la mémoire après leur mort. » (Hinatéa)

 

Les élèves de CM2 ont été très attentifs au récit de Pierre Osowiechi et le remercient pour son témoignage.

Mme Roch ainsi que les enseignantes ont été émues par des souvenirs si présents alors que Mr Osowiechi n’était qu’un enfant au moment des faits.

Colette, la grand-mère rescapée de Séverine, a été très émue aussi d'entendre une histoire, certes différente de la sienne dans les faits, mais au combien si proche dans les émotions.

 

 

* La Médaille et le Diplôme des ''Justes parmi les Nations''sont décernés par l'Institut Yad Vashem de Jérusalem aux personnes non juives qui ont sauvé, au péril de leur vie, des juifs sous l'occupation nazie.